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Equipe de france : Domenech: "J'ai le fouet"

Equipe de france : Domenech: "J'ai le fouet"
Opposé à Mourinho, qui a assimilé Makelele à un esclave, Raymond Domenech a répondu qu'il avait le fouet: la loi qui protège les sélections. Pour le sélectionneur des Bleus, qui assume sa décision, le règlement est la "seule protection" contre la "mort des sélections".

RAYMOND DOMENECH, José Mourinho a déclaré que Claude Makelele était un "esclave, déni de droits de l'homme" Qu'avez-vous à lui répondre ?

R.D. : L'énormité de ces propos suffit comme réponse. Chelsea a ses soucis. Le mien est de préparer l'équipe de France pour l'Euro 2008 avec les meilleurs joueurs possibles du moment, en appliquant le règlement qui protège encore les sélections. Le jour où le règlement tombe, elles auront beaucoup de soucis. C'est la seule protection pour avoir des Championnats d'Europe ou des Coupes du monde avec des équipes qui ressemblent à quelque chose. Le jour où cela tombera, on aura des Coupes du monde de clubs.

Et que dit Makelele ? On ne l'a pas encore entendu...

R.D. : Il y a des moments où il faut savoir ne rien dire. C'est un mode de communication. Claude est coincé entre les deux et n'a surtout rien à dire. Il subit son club et la sélection. Moi, je suis un esclavagiste et j'ai le fouet. Je le fouette et il y va. Chelsea a d'autres arguments. Tous les jours, ils l'ont sous la main. Ce sont eux qui lui donnent son maillot. Sinon, il jouerait torse nu. A partir de là, le débat est clos.

Mais vous a-t-il dit qu'il avait envie de revenir ?

R.D. : Je pense que tout le monde a envie de jouer en équipe de France. Si je pouvais me sélectionner, je le ferai tout de suite. Je vous assure. Je pars sur cette base : un joueur qui a disputé une finale de Coupe du monde, qui a été aussi impressionnant au cours de ces sept matches, il a envie de rester en équipe de France. Je pars de ce principe sans même lui demander. Après, je me pose la question : qu'est-ce qui est important pour l'équipe de France ? Quels sont les joueurs qui peuvent apporter le plus ? Il en fait partie donc je le sélectionne.

Makelele vous a-t-il signifié qu'il souhaitait arrêter comme l'a affirmé Mourinho ?

R.D. : "Souhaitait", c'est du conditionnel... Je ne suis pas au courant. S'il avait fait un tel courrier, il aurait dû m'envoyer une copie. Je ne l'ai lu nulle part, ne l'ai vu nulle part. Makelele n'a pas pris sa retraite car il joue dans un club. Il a une licence de footballeur donc, à ce titre, il est sélectionnable, comme tous les joueurs dans cette situation, et il encourt des sanctions s'il ne vient pas.

Pourtant, s'il revient en traînant les pieds, il ne rendrait pas forcement service à l'équipe de France...

R.D. : Je ne connais pas de joueur qui traîne les pieds pour venir en sélection. Si un joueur traîne les pieds, c'est qu'il n'est pas bon et qu'il est à la rue. Mais il y a eu un dialogue. Je lui ai demandé à quelle heure il arrivait (Rires). Il n'y pas de chantage, pas de négociations. C'est comme ça. Un joueur qui est performant, il vient en équipe de France. Le jour où il n'est plus performant, il ne vient plus. Et le jour où il dit non... Il n'y en aura pas. Sinon, il est suspendu.

Pourquoi n'avez-vous pas utilisé cette méthode il y a deux ans pour Zidane et Thuram ?

R.D. : Makelele aussi, il y a deux ans. Parce qu'il y a des moments où c'est possible et d'autres où ça ne l'est pas. En 2005, psychologiquement, les joueurs se trouvaient dans un contexte différent. Ils n'avaient pas l'énergie pour. On sortait d'un Euro pas réussi. Là, on sort d'une finale de Coupe du monde. Les gens, le contexte, la psychologie sont différentes. Donc, je réagis différemment. J'assume.

Et pourquoi ne pas vous être mis d'accord avec le joueur avant de le sélectionner ?

R.D. : Dépassons le cadre d'un joueur. Ce n'est pas un problème Makelele. C'est un problème entre les clubs et les sélections. Le vrai problème relève plus de la multiplication des matchs. Pourtant, il y a certainement moins de matchs avec les équipes nationales que par le passé. L'augmentation des matchs vient des clubs. Il y a deux ans, Chelsea a joué près de 75 matchs. Ça fait deux ans que je dis que tant que nous n'aurons pas réglé ce problème, nous n'avancerons pas. A terme, si les clubs ont le droit de garder leurs joueurs et si les joueurs entendent tous les jours le discours de leur club - "Reste avec nous, la sélection, on s'en tape" - nous courons à la mort des sélections. Mais aujourd'hui la loi est du côté des sélectionneurs.

Comment alléger ce calendrier ?

R.D. : Je suis favorable à des poules qualificatives à deux niveaux. Je n'ai rien contre les petits pays mais certains comme San Marin ou Liechtenstein pourraient jouer dans une première poule avant d'affronter les autres équipes, comme en tennis. Ce serait un premier niveau d'écrémage. Ça éviterait la multiplication de matches. Mais le monde change et certaines structures ont du mal à évoluer.

Les clubs soulignent également qu'ils paient les joueurs alors qu'ils sont en sélection...

R.D. : Je suis partisan pour que les sélections paient les joueurs en cas de sélection. Mais, en contre-partie, il faut que les Fédérations reçoivent la moitié du montant du transfert d'un joueur qui a pris de la valeur en sélection. On voit bien actuellement la différence les tarifs avant Coupe du monde et après Coupe du monde. La valeur dépend des sélections, ce serait une situation équilibrée.

Un mot sur le début des qualifications. Que pensez-vous de la Géorgie ?

R.D. : J'ai commencé à regarder leurs matches. Une équipe qui va marquer six buts aux Iles Féroé, on sait ce que sait. On y est allé et on avait éprouvé les pires difficultés pour gagner ce match. Donc, forcement, ils ont quelque chose. On connait le contexte là-bas : il va faire 30 degrés sur le terrain et il y aura environ 56 000 personnes dans les tribunes. Ça va être très, très chaud. C'est un vrai piège. C'est la difficulté de ce genre de match de début de préparation où l'adversaire joue tout. Il joue l'équipe de France qui est vice-championne du monde. Il n'a rien à perdre et va jouer à fond. On le sait.

Vous êtes vous renseigné auprès d'Alain Giresse ?

R.D. : Pas encore. Mais je vais l'appeler. C'est normal. Il a été sélectionneur (de la Géorgie) donc il connaît bien les joueurs.

Pensez-vous que le groupe de la France sera aussi difficile que celui du Mondial ?

R.D. : Je pense que ça va même être pire... parce que le dernier match a lieu en Ukraine en novembre, à une période où les terrains ukrainiens sont normalement impraticables. C'est encore un problème de calendrier, avec l'UEFA cette fois. Donc ce sera difficile, on le sait. Quand on a un calendrier pareil et qu'on va jouer le dernier match chez un candidat possible à la qualification, ça n'est pas facile. Donc il faut prendre le maximum de points pour dépendre de nous. Ça a été notre force lors des précédentes qualifications. A aucun moment, on n'a été dépendant de l'adversaire. On a toujours eu notre destin entre les mains.

Un statut de finaliste de la Coupe du monde change-t-il beaucoup de choses ?

R.D. : Ça change l'atmosphère. Il y a eu la finale mais il y a aussi eu le match en Bosnie qui confirme la qualité de cette équipe. Ça n'était pas un accident. C'est une équipe qui un style et une envie. C'est tout un cheminement qui a conduit là. Ça n'est pas un déclic qui ferait qu'on se rend compte un jour qu'on est bons. Ça se construit petit à petit. Ce qu'on espère, c'est continuer à évoluer et progresser le plus longtemps possible.

EQUIPE DE FRANCE - Raymond Domenech doit-il obliger Claude Makelele à revenir ?
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# Posté le mercredi 30 août 2006 09:36

Modifié le mercredi 30 août 2006 15:02

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