programme :
Allemagne - italie :
Malgré un contexte peu favorable et un stade de Dortmund tout acquis à la cause de son adversaire, l'Italie va tenter de se qualifier pour la finale de Berlin face à une Allemagne qui ne l'a jamais battue en Coupe du monde. Mais la Nationalmannschaft est plus confiante que jamais.
LES CLEFS DU MATCH :
- UN AVANTAGE PSYCHOLOGIQUE ? : "Nous avons perdu 4-1 avec l'Allemagne. Avec le Bayern, j'ai pris 4-1 contre le Milan AC. Dans le fond, nous n'avons aucune chance, non?" Tout sourire, Michael Ballack plaisante avec les journalistes. Le capitaine de la Nationalmannschaft est relax et, s'il n'a pas oublié la claque florentine de mars dernier, fait bien comprendre que tout ceci est du passé. "Nous avons battu l'une des grosses équipes du tournoi pour atteindre les demi-finales et jouer à Dortmund augmente un peu plus notre confiance", assure-t-il. Déjà sûrs de leur force avant l'Argentine, les Allemands ne sont pas loin de se sentir intouchables depuis. A l'image de Jürgen Klinsmann qui sent que les regards et les approches ont changé : "Ce qui est impressionnant, c'est de voir qu'une équipe comme l'Argentine, qui est l'une des meilleure du monde depuis des années, a changé la composition de son équipe pour nous affronter. Ils ont enfin réagi à notre façon de jouer, alors que nous n'avons pas changé. "
- ATTAQUE - DEFENSE ? : Sans trop exagérer, on peut imaginer que la demi-finale de la Coupe du monde 2006 entre l'Allemagne et l'Italie risque de ressembler à une attaque-défense. Si les Allemands ont changé de philosophie depuis la nomination de Jürgen Klinsmann et attaquent à tout-va, l'Italie continue à jouer avec ses forces habituelles. Prudente, voire défensive, la Squadra Azzurra ne sort pas outre-mesure. Organisée en 4-3-1-2, la Nazionale est revenue à un 4-4-1-1 au fil de la compétition. Et c'est efficace puisque personne, mis à part le malheureux Zaccardo, n'a trompé la vigilance de Gigi Buffon.
- L'ALLEMAGNE FATIGUEE ? : La prolongation d'Allemagne-Argentine a été difficile pour les organismes allemands. Resté durant quelques minutes devant son banc de touche afin de "soigner" ses jambes et ses crampes, Michael Ballack s'en souvient encore. Mais se sent aujourd'hui à 100% : "J'ai eu du temps pour recharger les batteries", affirme-t-il. Le soir même, les Transalpins mettaient trente minutes de moins à se débarrasser de l'Ukraine (3-0). Cela fera-t-il la différence ? Pas certain. Vendredi, les Allemands ont couru derrière le ballon la majeure partie du temps. Logiquement, ce sont eux du donneront le la face à l'Italie et qui géreront le rythme de la partie. Un avantage considérable.
L'ETAT DES TROUPES :
- Allemagne : Auteur d'un coup de coude à l'encontre de Julio Cruz à l'issue du quart de finale Allemagne-Argentine, Torsten Frings a été suspendu pour la demi-finale face à l'Italie. Il devrait être suppléé par Sebastian Kehl. Pour le reste, tout va bien. La fatigue semble avoir été évacuée et les Allemands s'avancent vers l'Italie sans aucun blessé à déplorer. A noter que Friedrich, Odonkor et Podolski sont sous le coup d'un carton jaune.
- Italie : Toujours Alessandro Nesta... Le défenseur du Milan AC est le souci numéro un de Marcello Lippi. Souffrant des adducteurs, le stoppeur devrait laisser sa place à Marco Materazzi, qui était suspendu au tour précédent. Daniele De Rossi purgera lui sa quatrième et dernière rencontre de suspension, mardi, et reviendra pour le prochain match. Soit la finale de Berlin, soit la consolante de Stuttgart. Enfin, Gattuso, Grosso et Zambrotta devront être attentifs et éviter de recevoir un second carton jaune.
LA STAT : 0
Comme le nombre de défaites concédées par l'équipe d'Allemagne au Westfalenstadion de Dortmund. En 71 ans et 14 rencontres, les triples champions du monde n'ont jamais quitté l'enceinte du Borussia la tête basse. Une seule fois, les Allemands ont eu des raisons de bouder : en 1977, le Pays de Galles était venu décrocher un nul (1-1) face aux champions du monde en titre. Au premier tour du Mondial 2006, la Pologne a failli réussir un exploit semblable mais Odonkor et Neuville sont passés par là (1-0).
GROS PLAN : Italie-Allemagne en Coupe du monde
L'Italie n'a jamais perdu face à l'Allemagne en Coupe du monde. Les deux équipes se sont déjà croisées à quatre reprises. Deux fois en matches de poule pour deux résultats nuls et vierges (en 1962 et 1978). Les deux autres rencontres ont marqué l'histoire. Il y a eu cette demi-finale de la Coupe du monde 1970 où la Squadra Azzurra est venue à bout d'une Mannschaft accrocheuse au terme d'une prolongation de légende (4-3). Enfin, l'Italie a battu l'Allemagne en 1982 lors de la finale du Mondial. Une victoire 3-1 sans discussion possible.
LA DECLA : Jürgen Klinsmann (Allemagne)
"Une demi-finale d'une Coupe du monde contre l'Italie, c'est un classique comme contre le Brésil ou l'Argentine, c'est quelque chose de particulier. Nous avons suivi très attentivement le parcours de l'Italie jusqu'en demi-finale, c'est l'une des meilleures équipes du monde, c'est pourquoi elle est en demi-finale et elle mérite beaucoup de respect. Elle a une grande histoire, mais nous pensons à jouer notre jeu, dans notre style pour la battre. Nous sommes prudents, nous sommes bien en place, nous croyons en nos possibilités."
LES EQUIPES PROBABLES :
- Allemagne : Lehmann - Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm - Schneider, Kehl, Ballack, Schweinsteiger - Klose, Podolski
- Italie: Buffon - Zambrotta, Materazzi, Cannavaro, Grosso - Perrotta, Pirlo, Gattuso, Camoranesi - Totti - Toni
France - Portugal :
La France n'en a pas encore fini avec le Brésil puisqu'elle retrouvera deux autres Brésiliens dans les rangs du Portugal — le sélectionneur Luiz Felipe Scolari et le milieu Deco, plaque tournante du jeu lusitanien — en demi-finale du Mondial 2006 de football, demain à Munich. Scolari, c'est un physique à la Gene Hackman, des méthodes de sergent recruteur, mais surtout un bilan impressionnant : le sélectionneur a ainsi amélioré son propre record d'invincibilité avec un douzième match sans défaite (sept à la tête du Brésil, cinq avec le Portugal) en Coupe du monde. Avec ce technicien de 57 ans sur le banc, le Portugal est invaincu depuis 19 matches, record d'une sélection qui a aussi remporté 31 victoires sous l'ère “Felipao”, son surnom brésilien. La consécration arrive en juin 2001 avec sa nomination à la tête de la Seleçao, qu'il guidera vers un 5e titre mondial en 2002, avec cette phrase célèbre : “J'ai fait comprendre à mes joueurs que, pour le Brésil, finir deuxième, c'est comme être le premier des derniers.” En novembre 2002, il rebondit au Portugal. Mais la déception est immense à l'Euro-2004, avec une défaite (0-1) à Lisbonne face à la Grèce en finale (la première d'un tournoi majeur pour ce petit pays). Sa réussite attise toutefois la convoitise des Anglais, qui le surnomment “Big Phil”. Mais Scolari déclinera avant le Mondial leur offre de succéder à Sven-Goran Eriksson. Son discours est dur, ses choix sans concession. À l'Euro-2004, en quarts, il avait osé sortir Figo, l'idole, pour le remplacer par Postiga qui... avait égalisé. Il avait aussi écarté Vitor Baia dans les buts au profit de Ricardo, héros des tirs au but contre l'Angleterre en quart à l'Euro-2004 et au Mondial 2006. Parmi ses décisions controversées, figure aussi la sélection de Deco, Brésilien naturalisé Portugais en 2003. “Les hymnes nationaux peuvent être appris mais pas ressentis”, avait notamment persiflé Figo à l'époque. Né à Sao Bernardo di Campo, dans l'État de Sao Paulo, dans une famille de trois garçons et trois filles, ce fan de Maradona et Zico (quand il était gamin) n'a jamais voulu polémiquer, laissant parler son football. “Mon c½ur est Brésilien, mais je voulais tant donner à ce pays qui m'avait formé comme footballeur”, expliquait-il, affirmant qu'il n'y avait de “problème que dans les journaux, car le groupe vit bien”. Clin d'½il de l'histoire, pour sa première sélection le 29 mars 2003, il a inscrit son premier but — et celui de la victoire — contre le Brésil
(2-1), pour un succès que le Portugal attendait depuis 37 ans. Aujourd'hui, plus personne ne remet en cause sa présence (3 buts en 37 sélections). De ses racines brésiliennes, Anderson Luis de Souza, de son vrai nom, a gardé la “vista”, la vitesse, le toucher de balle et l'instinct qui lui permettent d'orienter le jeu en orfèvre. Mais en passant au FC Porto sous la houlette de José Mourinho (1999-2004), le milieu de terrain a gagné une combativité et un engagement dans les tâches défensives qui font de lui un joueur complet, pièce maîtresse de l'entrejeu en club ou en sélection. À 28 ans, il vient de remporter quatre championnats de suite (2003, 2004 au FC Porto et 2005, 2006 au FC Barcelone), et sa troisième coupe d'Europe sur ses quatre dernières participations (Coupe de l'UEFA 2003, Ligue des champions 2004 et 2006). Que lui manque-t-il ? “La puissance de Ronaldo, la vitesse d'Henry”, sourit-il. Sans doute aussi un titre majuscule avec le Portugal.